Donner du sens aux chiffres : le métier de Natalia DUMITRAS dans le médico-social

Issue d’un parcours initial en finance et comptabilité, Natalia DUMITRAS a progressivement orienté sa carrière vers le médico-social, guidée par une quête de sens. Aujourd’hui manager du contrôle de gestion au sein d’un organisme adossé à l’Assurance Maladie, elle œuvre à concilier contraintes budgétaires et besoins humains. Entre stratégie, terrain et engagement, elle revient sur son parcours, ses défis et sa vision d’un métier au cœur des enjeux sociaux.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Natalia DUMITRAS. Je suis actuellement manager de la cellule contrôle de gestion au sein de l’UGECAM Aquitaine, un organisme gestionnaire rattaché à l’Assurance Maladie. Cet organisme pilote plusieurs établissements sanitaires et médico-sociaux, ce qui me permet d’intervenir sur un périmètre assez large.
J’ai un parcours plutôt atypique, initialement orienté vers la finance et la comptabilité. J’ai notamment travaillé en tant qu’auditrice et responsable budgétaire, toujours en lien avec des établissements médico-sociaux. Progressivement, en étant davantage sur le terrain, j’ai développé un réel intérêt pour le pilotage des établissements et leur direction.
C’est ce qui m’a poussée à m’engager dans une évolution professionnelle, notamment en préparant le CAFDES (Certificat d'Aptitude aux Fonctions de Directeur d'Établissement ou de Service d'Intervention Sociale), avec l’objectif, à terme, de diriger un établissement médico-social. Mon fil conducteur reste le même, c’est-à-dire contribuer au pilotage des structures tout en donnant du sens à l’action, notamment au service des personnes en situation de handicap.
En quoi consiste le métier de Manager Contrôleur de gestion régional ?
Mon métier consiste principalement à sécuriser et fiabiliser le pilotage financier des établissements. Concrètement, j’analyse les budgets, j’accompagne les directions dans leurs prises de décision et je mets en place des outils d’aide au pilotage. Mais au-delà de l’aspect financier, il y a une forte dimension de coordination. Je fais le lien entre les équipes de terrain, les directions d’établissement, la direction régionale et nationale, ainsi que les autorités de tarification comme l’ARS. J’interviens également dans des phases de négociation, notamment autour des financements ou du développement de nouveaux services. L’enjeu n’est pas uniquement de suivre un budget, mais de permettre aux établissements de déployer leurs projets tout en respectant un cadre financier soutenable.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
La première qualité essentielle est la rigueur, car nous manipulons beaucoup de données. Mais il faut aussi savoir trouver un équilibre entre exigence financière et empathie, puisque nous travaillons dans un secteur profondément humain.
Il est également important d’être stratège et bon négociateur. Le métier demande de convaincre différents interlocuteurs, de s’adapter aux contraintes et de répondre aux besoins du terrain.
Enfin, il faut savoir composer avec des attentes multiples et parfois contradictoires, tout en gardant une vision globale et cohérente.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
Ce qui me plaît avant tout, c’est le sens que je donne à mon travail. Je partage les valeurs du secteur, notamment celles portées par la Sécurité sociale, et j’ai la conviction de contribuer à répondre aux besoins des personnes accompagnées. Chaque décision que je prends a un impact sur ces personnes et sur les équipes. Ce lien constant entre gestion et humain est essentiel pour moi.
La formation CAFDES m’a aussi permis de mieux comprendre les réalités du terrain, ce qui rend mes échanges et mes négociations plus pertinents. Cela me permet d’aller au-delà des chiffres et d’intégrer pleinement les enjeux humains dans mon analyse.
Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?
Le principal défi est de concilier des contraintes budgétaires fortes avec les besoins du terrain. Les idées et les projets sont nombreux dans les établissements, mais les moyens sont limités. Il faut donc arbitrer, parfois renoncer ou reporter des projets, même lorsqu’ils ont beaucoup de sens. C’est une tension permanente entre ambition et réalité.
Un autre challenge important concerne l’accompagnement des équipes dans l’appropriation des outils de gestion, dans un contexte où les ressources humaines sont parfois limitées. Il faut faire preuve de pédagogie et accompagner le changement.
Pourquoi avoir choisi cette voie et quel a été votre parcours ?
J’ai progressivement évolué vers cette voie. Mon parcours en finance m’a amenée à travailler avec des établissements médico-sociaux, et c’est en allant sur le terrain que j’ai développé un intérêt pour leur fonctionnement global. J’ai ressenti le besoin d’aller au-delà de la dimension financière pour m’impliquer davantage dans l’accompagnement des structures et des équipes. C’est ce qui m’a conduite à suivre la formation CAFDES, afin d’élargir mes compétences et ma vision.
Pourquoi avoir suivi une formation chez l’IRTS et quelles compétences avez-vous développées ?
J’ai choisi l’IRTS pour la formation CAFDES car elle est particulièrement complète. Elle m’a permis de développer une vision transversale, en abordant le management, la stratégie, les ressources humaines, la qualité et bien sûr la finance. La formation propose également un double diplôme avec un master en administration des entreprises, ce qui renforce encore l’intérêt de cette formation. Elle m’a permis d’acquérir des compétences globales en pilotage d’établissement, mais aussi une meilleure compréhension des enjeux juridiques et sociaux du secteur.
Quels sont, selon vous, les atouts de l’IRTS ?
L’un des grands atouts de l’IRTS est son ancrage dans le secteur médico-social. Les intervenants sont majoritairement des professionnels, ce qui apporte une dimension très concrète à la formation. J’ai particulièrement apprécié le lien constant entre théorie et pratique, notamment grâce aux immersions régulières sur le terrain. La diversité des profils au sein de la promotion est aussi une vraie richesse. Elle permet de confronter les points de vue et d’enrichir sa réflexion.
Si vous aviez un conseil à donner aux futurs diplômés, quel serait-il ?
Je leur dirais de ne pas sous-estimer la richesse de ces métiers. Ce sont des fonctions exigeantes, mais porteuses de sens. Il est essentiel de rester curieux, ouvert et en capacité d’apprendre en permanence. Il ne faut pas opposer la dimension humaine et la gestion car les deux sont indissociables. Un projet aussi pertinent ne peut aboutir sans une gestion solide. Il faut donc apprendre à articuler ces deux dimensions pour construire des organisations durables.
Avez-vous une anecdote à partager ?
Lors de mon stage, j’ai travaillé dans un établissement accueillant des adolescents en situation de handicap moteur. Dans le cadre d’un projet d’unité d’enseignement, j’ai dû m’intégrer à leur quotidien pour mieux comprendre leurs besoins. Un jour, j’ai participé à un cours de sport… en fauteuil roulant. Nous avons joué au basket, comme eux. Ce fut une expérience marquante, à la fois physique, car je me souviens encore de la douleur dans mes bras à la fin, mais surtout humaine.
Cela m’a permis de prendre pleinement conscience de leur réalité, mais aussi de leurs capacités à faire du sport. Cette expérience m’a profondément marquée et a renforcé mon engagement dans ce secteur.
